La dérive

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La dérive. On hésite entre une dérive autoritariste et une dérive raciste. Peut-être un mélange des deux. La question posée par la journaliste de PBS Yamiche Alcindor lors de la conférence de presse donnée par Donald Trump aujourd’hui était pourtant tout à fait légitime. La journaliste cherchait à savoir ce que Trump pensait de l’appui qu’il avait reçu de la part de groupes nationalistes blancs,  après avoir déclaré lors d’un rallye politique la semaine dernière qu’il se considérait comme un nationaliste. Cette déclaration, en soi étonnante,  était survenue dans la foulée des colis piégés et de la tuerie à la mosquée de Pittsburgh, des gestes qui ont d’ailleurs été posés par des nationalistes blancs. La question de la journaliste était donc légitime. Mais la réponse de Trump était désolante et dangereuse. Il aurait pu tout simplement expliqué sa vision du nationalisme; et désavouer du coup l’extrême droite; agir comme le père de la nation, en être rassembleur et unificateur. Mais il ne l’a pas fait. Il a plutôt opté par l’argument que nous offre souvent les nationalistes blancs quand on les questionne sur leurs positions racistes: en s’en prenant ouvertement à la journaliste et en l’accusant elle, d’être raciste et de poser une question raciste. Comme un blanc qui se sentirait persécuté à cause de la couleur de sa peau. Comme si on l’agressait dans ses convictions le plus intimes. Nous sommes ici en plein dérive, à la limite d’un univers alternatif.

Si on se fie à ce qui s’est passé lors de cette conférence de presse complètement déjantée, les prochaines semaines risquent d’être fortes en rebondissements. Car le vrai « check and balance » sur sa présidence ne débutera qu’en janvier avec la mise en place de la nouvelle Chambre des représentants à majorité démocrate. D’ici là, on s’attache.

 

Fait intéressant, plusieurs organes de presse et journalistes, dont Yamiche Alcindor, ont fait état de la photo qui a été publiée aujourd’hui sur son compte Twitter par Patrick Casey, le directeur exécutif de Identity Evropa, un groupe suprémaciste blanc dont la devise est « Vous ne nous remplacerez pas » et qui s’est fait photographier sur les pelouses de la Maison-Blanche.

 

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