La fin des haricots

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Le haricot est une plante annuelle de la famille des Papilionacées qui est couramment cultivée comme légume ou légumineuse. Originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le Phasseolus vulgaris, de son nom latin, joue un rôle important dans l’alimentation humaine comme source d’amidon, de protéines et dans la fixation biologique de l’azote. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas.

C’est ainsi qu’au siècle dernier, il paraît qu’on distribuait des haricots aux élèves dans les pensionnats quand on ne savait plus quoi leur donner comme nourriture. En effet, le haricot était considéré alors comme un aliment de piètre qualité; un truc de base, du genre: c’est vert donc c’est bon, mais pour l’exotisme on repassera. Seulement voilà: le haricot, aussi banal qu’il paraissait à l’époque, était porteur d’un symbole fort, à l’image du canari dans une mine de charbon avant le coup de grisou fatal. Car une fois le dernier haricot mangé et la réserve épuisée, on savait alors que la fin était proche. La fin des haricots, c’était la fin de tout.  L’espoir ne tenant plus qu’à un fil, on se mettait à rêver à des jours meilleurs, le ventre creux et le souffle haletant, en attendant incrédule cette fin, désormais si proche.  Heureusement que certains, plus pragmatiques que d’autres, s’assuraient de toujours en garder une réserve secrète, quelque part dans un caveau bien gardé. Au cas où. Ce qui était certes plus facile à gérer que la fin de tout. On s’entend.

Les temps ont bien changé. La plupart des pensionnats sont aujourd’hui disparus et le haricot a acquis depuis ses lettres de noblesse.  On en trouve d’ailleurs partout, même en hiver; suffit d’aller au supermarché. Et notre alimentation humaine s’en porte mieux. Belle réussite.

Mais l’histoire, malheureusement, ne s’arrête pas là. Car il existe de nos jours des forces occultes et rétrogrades qui tentent de nous ramener cent ans en arrière et qui cherchent à nous faire croire que la fin des haricots est à nos portes. Toutes et tous ne sont pas crédules, bien sûr. Mais ceux qui le sont, parlent maintenant haut et fort. Ils font peur, aussi. Par la simplicité de leur pensée et la singularité de leur propos. Ce ne sont que des barbares incultes, mais ils s’affublent généreusement du titre de « patriote ». La mono-culturalité de leur patrie encourage l’exclusion et non l’inclusion. Ils parlent haut et fort, mais ce ne sont que de pathétiques flocons de neige, incapables de consistance, de pragmatisme et de rationalité. On retrouve beaucoup de ces gens chez nos voisins du sud. Et parfois, aussi, au Canada. Ils constituent la base de fanatiques qui voient en Donald Trump le sauveur qu’ils n’espéraient plus pour les sortir de leur médiocrité; non pas le fraudeur qu’il est depuis toujours.  Le sauveur qui leur permettra de maintenir leur supposée prédominance mâle et blanche sur le reste de l’humanité.  À mon avis, ils sont du mauvais côté de l’histoire. Les haricots ont déjà vu neiger. Et, bien sûr, on connaît la suite de l’histoire.

On verra ce qui va se passer lors des élections de mi-mandat le 6 novembre aux USA. La fin des haricots n’est probablement pas pour demain. Mais on ne sait jamais.

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